| Témoignage de Sara |
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| Écrit par Secrétariat International | ||||
| 20-06-2007 | ||||
![]() Sara (Perth/Australia) Ma mère est professeur de secondaire mais elle a travaillé de nombreuses années comme mère et femme au foyer. Mon père travaillait dans les finances et le secteur bancaire. Après avoir été employé dans de grandes sociétés pendant plusieurs années, il a décidé de créer sa propre petite entreprise. La plupart du temps, nous avons vécu en dépendant d’une seule source de revenus, sans trop savoir ce qui se passerait d’une semaine à l’autre. Mes jeunes années, je les ai passées à Sydney. La vie était dure et l’école aussi. J’ai vécu pas mal d’injustices. Puis, notre famille a déménagé à Perth. Après mes études secondaires, j’ai étudié la sociologie à l’université. Je gagnais ma vie en faisant différents boulots : j’ai travaillé dans un bar, un restaurant, un commerce de détail et comme technicienne de surface. J’ai gardé pas mal de proches amis de cette époque. Des jeunes confrontés à des problèmes sociaux et d’autres qui vivent dans l’extrême pauvretéAprès mes études, je suis partie dans une petite ville minière située à 1200 km au nord de Perth pour un premier emploi à plein temps : je dirigeais un centre de jeunes. J’étais censée être l’administratrice mais j’ai vite découvert que je devrais aussi être conseillère pour les jeunes du coin. Je me suis retrouvée face à des jeunes qui étaient riches et d’autres qui vivaient dans l’extrême pauvreté. Beaucoup d’enfants de mineurs disposaient de revenus élevés mais ils étaient confrontés à plein de problèmes sociaux : familles éclatées, alcool et drogue. D’autres avaient peu d’argent, allaient rarement à l’école et vivaient dans la pauvreté.
A l’époque, un groupement de femmes aborigènes est venu me trouver pour lancer un programme de petit déjeuner et de devoirs pour leurs enfants. Elles étaient enthousiastes à l’idée d’apporter un changement dans leur vie et celle de leurs enfants. Mais dès le lancement du projet, nous nous sommes heurtées à de nombreux obstacles, notamment au gouvernement qui bloquait notre initiative. Ces femmes se sont senties terriblement impuissantes et moi, j’étais vraiment fâchée face à cette injustice.
Après plusieurs années dans cette ville minière, je suis retournée à Perth pour travailler comme consultante en sports et loisirs, oeuvrant auprès des communautés pour créer des infrastructures sportives et de loisirs accessibles à tous. Je me suis souvent rendue dans les régions du pays où les habitants vivaient de l’agriculture et étaient confrontés à la sécheresse. Les jeunes de ces zones quittaient généralement la maison pour la ville à la recherche de travail ou d’une formation post-scolaire. Mon travail de consultante était très gratifiant. J’ai pu travailler aux côtés des collectivités pour apporter un changement durable au niveau local. Mais j’avais des horaires extrêmement longs et j’allais de contrat en contrat en échange d’un salaire minimum. Le travail était précaire. A la JOC, on parle de justice socialePendant mes temps libres, je pratiquais souvent différents sports, entre autres le sauvetage côtier et la natation. En fin de saison, nous organisions souvent une fête. C’est là que j’ai rencontré l’aumônier du Club de surf qui m’a parlé de la JOC.Il m’a expliqué que la JOC, ce n’était pas des prières et des études bibliques mais des jeunes qui changeaient eux-mêmes leurs situations. On y parlait de justice sociale, on avait foi dans l’action. Cela m’intéressait beaucoup car j’étais passionnée par la vie des jeunes et la justice. J’ai accepté d’aller à une réunion JOC. Mais l’expérience m’a déçue car les membres y ont surtout parlé de voitures. Ce n’était pas ce que j’attendais. Si nous pouvions tous travailler comme cela, nous changerions le monde !Plus tard dans l’année, l’aumônier national de la JOC est venu à Perth lors d’une formation. La JOC m’a invitée à y participer. J’hésitais mais j’ai décidé d’essayer une fois encore. L’aumônier avait des contacts avec des indigènes australiens et s’entendait bien avec les jeunes. Pendant la formation, il m’a encouragée à participer au conseil national, ce que j’ai fait. J’ai été surprise par les capacités et l’engagement des jeunes au conseil. J’ai vu des jeunes qui dirigeaient eux-mêmes leurs campagnes (chômage, réfugiés, construction de la communauté et travail précaire) pour répondre à leur réalité. Ils étaient tellement bien coordonnés.Je me suis dit : si nous pouvions tous travailler comme cela, nous serions capables de changer le monde ! Je voulais participer à cela et j’ai adhéré à la JOC en octobre 2002 ! J’ai quitté mon boulot de consultante et j’ai commencé à travailler pour la JOC en tant que volontaire. Le meilleur et le pire de la nature humaineEn 2003, j’ai travaillé mi-temps pour la JOC et le reste du temps dans un home pour personnes âgées. J’étais dans l’administration mais je travaillais aussi avec le personnel d’entretien. Dans l’administration, on me donnait plein de tâches qui ne correspondaient à aucun profil de poste. La culture d’entreprise était très mauvaise. Certains collègues étaient méchants et ont même essayé de me faire renvoyer. Grâce à la JOC, j’ai analysé la situation, j’en ai découvert les raisons et j’ai vu comment gérer les choses. J’ai mené une grande action personnelle. Un jour, j’ai pris un café avec la collègue qui me harcelait. Je lui ai demandé pourquoi elle n’était pas contente de mon travail. Elle a admis qu’il ne s’agissait pas de moi mais qu’elle n’était pas satisfaite de sa vie. Elle a partagé ses expériences avec moi et par après, nous sommes devenues amies. Son humeur a changé, ce qui a affecté tous les autres collègues. Le moral du personnel s’est amélioré et chacun a commencé à aimer son travail.J’ai également eu des expériences très positives ; beaucoup de résidents du home me souriaient et m’embrassaient. Leurs proches étaient aussi très polis et reconnaissants. Ce boulot m’a montré le pire et le meilleur de la nature humaine. Faire quelque chose ensemble et connaître son voisin !Pendant ce temps, j’ai commencé à travailler à la JOC de Perth. Une grande partie de notre travail tournait autour de la construction de la communauté ; nous voulions combattre le mode de vie individualiste où les gens consomment et restent chez eux pour les loisirs. Nous avons donc organisé des activités communautaires peu coûteuses pour créer une participation active.Une des campagnes s’intitulait « Une semaine sans télé ». Nous avons encouragé les gens à partager un repas ensemble, à faire des balades avec des amis. A faire quelque chose ensemble ! Une autre année, la campagne avait pour thème : « Connais ton voisin ! » Nous avons organisé des barbecues collectifs, qui sont devenus des activités annuelles régulières. A l’époque, nous avons également réalisé des enquêtes sociales sur l’expérience des jeunes qui avaient un travail précaire. Beaucoup ne connaissaient ni leurs droits au travail, ni leurs devoirs. Beaucoup travaillaient alors qu’ils étaient malades, leurs heures supplémentaires n’étaient pas rémunérées, et certains ne percevaient pas un salaire au barème approprié. Nous avons constaté qu’ils avaient peur de perdre leur emploi. En septembre 2003, j’ai eu le privilège de participer à un échange Asie-Pacifique sur le « travail temporaire ». Les jeunes qui agissent m’ont encouragé à continuerDe 2002 à 2004, j’étais la représentante de Perth au sein de l’équipe nationale de la JOC. En 2004, je suis devenue secrétaire nationale. La même année, j’ai participé au conseil international au Venezuela. Une fois encore, voir tous ces gens qui mènent des actions pour changer leur réalité m’a encouragé à poursuivre mon travail à la JOC.De 2004 à 2006, nous avons recueilli beaucoup de témoignages de jeunes travailleurs et avons compris clairement ce que vivaient les jeunes en Australie. Nous avons développé une nouvelle vision sociale et 2 axes ont vu le jour pour nos campagnes : la recherche d’un sens profond de la vie et du travail. En 2006, notre conseil national a rassemblé toute cette réalité. Nous avons confirmé notre vision sociale et élaboré un plan d’action national axé sur un travail juste et gratifiant. Dernièrement en Australie, la législation du travail a changé de manière significative, laissant les jeunes sans pouvoir, conduisant souvent à l’exploitation. L’abolition de ces lois est le point central de notre campagne « Un travail juste et gratifiant ». Je ne peux pas rester assise à regarderTout le travail que j’ai fait dans ma vie a fait de moi la personne que je suis, exposée à tous genres de nature humaine : clients, directeurs et collègues. Travailler avec les gens me remplit d’énergie. Chaque fois que la dignité humaine est bafouée, cela me dérange et je sens que la situation doit changer. Ma famille et mes amis me donnent la force et m’inspirent pour provoquer ces changements.Je trouve que personnellement, je ne peux pas rester assise à regarder. Je dois agir. Le fait d’être l’aînée de la famille a naturellement fait de moi une organisatrice, celle qui agit. Pour moi, c’est une réaction naturelle – Je suis la grande sœur. Mon rêve
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