| Témoignage de Nadia |
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| Écrit par Secrétariat International | ||||
| 19-07-2007 | ||||
![]() Nadia (L'viv/Ukraine) Nadia vient de terminer ses 6 années d’études de philosophie à l’université. Avant d’entamer ses études, elle espérait un jour devenir professeur mais depuis lors, elle a changé d’avis car aujourd’hui, travailler directement avec les gens l’intéresse davantage. Se sentir utile dans la société« Je pense que c’est vraiment nécessaire pour les gens de se sentir utiles dans la société ».Nadia a eu différentes expériences de travail mais toujours dans des emplois temporaires. « Un moment, j’ai travaillé dans une pizzeria. Je bossais 14 heures par jour avec en tout et pour tout 15 minutes de pause. J’ai aussi travaillé dans un café et j’ai eu un emploi temporaire dans un institut d’archéologie ».
« Après avoir subi les conséquences des longs horaires de travail et des mauvaises conditions à la pizzeria, j’ai décidé de partir. C’est alors que j’ai travaillé dans un café mais mon patron a décidé de donner mon boulot à un ami qui vivait dans le même bâtiment que le café. Mon emploi au centre d’archéologie n’a duré que deux mois ».
Etre au chômage, c’est faire l’expérience de la solitudeVu que Nadia est sans emploi, elle est obligée de vivre chez ses parents car elle a besoin de leur aide financière. Elle se rend également compte qu’être au chômage, c’est faire l’expérience de l’isolement et de la solitude.« Lorsque j’étudiais à l’université, j’avais des tas d’amis, mais une fois mes études terminées, je changeais tout le temps d’emploi, mes amis étaient aussi plus âgés et je voulais travailler avec des jeunes. Sans emploi régulier, les contacts sociaux me manquaient. S’intégrer dans la société, c’est important dans la vie ». Lorsque Nadia est devenue chômeuse, elle s’est rendue dans une agence de l’emploi et ce qu’elle y a vu l’a fort choquée. « Les employés de l’agence ne faisaient rien pour aider les chômeurs à sortir de leur situation. Les agences de l’emploi ne fonctionnent pas bien. Elles s’occupent plus de la paperasserie que des gens eux-mêmes. On vous donne simplement une liste mais on ne vous parle pas ». A partir de son expérience personnelle, Nadia a entamé une action visant à prendre contact avec d’autres chômeurs afin de connaître leur expérience. « Nous avons entamé une action pour les sans emploi. Cela fait juste quelques semaines que l’action a été lancée. L’objectif est d’être avec les jeunes qui ne travaillent pas, de donner des conseils juridiques aux chômeurs et de créer une bonne ambiance. J’ai choisi de travailler avec les personnes qui viennent dans les agences de l’emploi. L’objectif est d’accompagner les chômeurs afin qu’ils n’aient pas le temps de s’apitoyer sur leur sort ». Savoir que quelqu’un se préoccupeIl existe six agences de l’emploi à L’viv. Il y a également un centre pour les jeunes.« Pendant un mois, nous avons eu des contacts avec les responsables de ces agences pour voir s’ils voulaient coopérer avec nous. En règle générale, cela ne pose pas de problème ». Nadia a commencé par se rendre dans les agences et elle a analysé la façon de travailler du personnel. Forte de cette analyse, elle s’est sentie motivée pour mettre sur pied un groupe de chômeurs. « J’ai décidé de lancer ce groupe en prétextant contacter les gens pour qu’ils se réunissent et écrivent leur curriculum vitae (CV). J’ai parlé à cinq personnes. Deux d’entre elles n’étaient pas intéressées, une était très réticente et deux autres étaient intéressées, pas nécessairement par le fait de rédiger leur CV mais de savoir que quelqu’un se préoccupait de leur situation ». Nadia a discuté avec les jeunes sur leur raison de se rendre dans ces agences. « Trouver du travail par l’intermédiaire des agences est difficile. Nous, nous ne pouvons pas le faire non plus mais nous les invitons à parler de leur vécu dans le groupe de base. Ensemble, nous pouvons chercher des solutions ». L’action se poursuitNadia ne travaille pas seule. Certains ont une connaissance théorique, d’autres une connaissance pratique.Avec 3 autres amis de Nadia, les deux personnes contactées forment un petit groupe. Nadia espère ainsi avoir un groupe de 5-6 personnes qui se réunit régulièrement et accompagne le processus de recherche de travail. Officiellement, le taux de chômage est de 3% mais en réalité, il est beaucoup plus élevé. 70% des sans emploi sont des jeunes, pour la plupart des femmes. « Nous ne connaissons pas les chiffres réels car le secteur informel est également un grand problème ». L’action se poursuit et Nadia utilise aujourd’hui un badge qui lui permet de s’identifier lorsqu’elle se rend dans les agences de l’emploi pour rencontrer les gens. Citez cet article sur votre site | Pages vues: 1117
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