| Témoignage de Maria |
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| Écrit par Secrétariat International | ||||
| 20-07-2007 | ||||
![]() Maria (Negresti/Romania) « Les jeunes acceptent des boulots sans contrat, juste pour gagner de l’argent. C’est difficile de survivre. La nourriture et le loyer coûtent très cher. Beaucoup vivent chez leurs parents et dépendent de l’aide d’amis. Ils sont continuellement endettés ». Beaucoup émigrent en raison des mauvaises conditions de travailA Negresti, les jeunes travaillent généralement dans l’une des deux grandes usines ou alors, ils sont vendeurs, travaillent dans des restaurants, des boulangeries ou sont chauffeurs dans des entreprises.« Beaucoup émigrent en raison des mauvaises conditions de travail ou des bas salaires. Ma mère est partie travailler au Canada pendant 9 mois mais aujourd’hui, il ne reste rien de l’argent qu’elle avait gagné là-bas ».
En tant que travailleuse sans contrat, Maria a appris les difficultés auxquelles sont confrontés tant de jeunes de sa ville natale.
« J’ai travaillé un an dans un petit magasin d’alimentation. Je faisais 14 heures par jour mais je n’étais payée que 8 heures. Je faisais de mon mieux – je nettoyais, j’organisais le stock et j’avais de bons contacts avec les clients. J’espérais qu’un jour, ma patronne tiendrait promesse et me donnerait un contrat ». « Pendant toute la période où j’ai travaillé au magasin, j’ai appris à connaître les clients. Il s’agissait de journaliers, qui travaillaient de 7.30 du matin à 21 heures. Il y avait aussi des migrants qui travaillaient comme bûcherons pour une entreprise privée, sans protection ni équipement de sécurité. Parfois, ils attendaient longtemps avant de percevoir leur salaire. Je devais garder le magasin ouvert tard pour qu’ils puissent passer après le travail. C’étaient les principaux clients. Un jour, l’un d’eux s’est cassé la jambe mais a dû aller à l’hôpital sans bénéficier d’aucune couverture médicale. Les travailleurs ne se plaignaient jamais de leurs conditions car le patron de l’entreprise leur donnait un endroit où loger. » Leur lieu de travail était nul mais ils avaient besoin de cet argentMaria croit que c’étaient le manque de sécurité et l’incertitude qui limitaient leur action.« Je voyais que les bûcherons étaient fâchés face à l’expérience qu’ils vivaient mais ils étaient coincés. Ils savaient que leur lieu de travail était nul mais ils avaient vraiment besoin de cet argent. Ils étaient venus en ville pour trouver du travail, seulement pour avoir de l’argent pour survivre. » Lorsque Maria a fait la rencontre de la JOC, elle a lentement pris conscience de ses droits sur son lieu de travail. « Les travailleurs ne savent rien du système de sécurité sociale. Si tu n’as pas de contrat, tu n’as pas de protection ni d’assurance pour ta vie future après le travail. Par exemple, je ne savais pas non plus qu’il était possible d’être inscrite au bureau de chômage si je n’avais pas de contrat. » Maria a fait connaissance avec la JOC par l’intermédiaire d’un ami qui l’a invitée à un week-end social. La JOC faisait un travail humanitaire, aidant les personnes sans famille. « Un an après, j’ai rencontré la coordinatrice, Raluca, qui nous a appris la méthode de la JOC. Après la formation, les choses sont devenues plus claires. J’ai commencé à prendre des responsabilités à la JOC et j’ai participé au Projet de formation globale où j’ai appris quelles actions menait la JOC. » Ma patronne avait tout mon respect, jusqu’au jour où j’ai pris conscience« Grâce à la JOC, j’ai appris que j’aurais pu m’inscrire au bureau de chômage en tant que travailleuse sans contrat. Un week-end, je voulais participer à une rencontre de la JOC. Alors j’ai travaillé le samedi toute la journée et seulement un demi jour le dimanche. Mais pour ce week-end, ma patronne ne m’a payé qu’une journée entière. Je me suis fâchée et j’ai commencé à remettre ce système en question ».« Je me plaignais toujours du gouvernement mais jamais je ne plaignais auprès de ma patronne. Elle avait tout mon respect, jusqu’au jour où j’ai pris conscience de la réalité ». « Mon action auprès de ma patronne a alors commencé. J’ai réclamé un contrat mais elle ne cessait de remettre à plus tard, m’avertissant que j’aurais moins d’argent à cause des impôts que je devrais payer. Je devais sans cesse revenir à la charge et elle me donnait toujours des excuses. J’ai continué à travailler 14 heures par jour tout en n’étant payée que 8 heures ». Ma décision était claire … Je voulais un contrat «Elle me faisait tourner en bourrique. Lorsque je réclamais le contrat, elle répondait par des questions. ‘Tu dois bien réfléchir’, disait-elle. ‘Tu veux un contrat ou 20% de plus dans ton salaire ?’ J’ai continué à réclamer mon contrat à cause de ce que j’avais appris à la JOC. Elle m’a donné une semaine pour réfléchir mais pour moi, la décision était déjà claire. Je voulais un contrat. A la fin de cette semaine de réflexion, elle m’a donné 2 000 000 de lei roumains de la main à la main pour essayer de me tenter. C’était offensant pour moi car c’était comme si elle avait l’impression que je ne travaillais que pour l’argent ».« Finalement, ma décision a été de quitter ce travail. Mon action a été de décider de ne pas continuer ce boulot sauf avec un contrat. J’avais perdu une année de plus sans contrat – une année de plus sans protection ». « Ma patronne a engagé deux autres personnes pour me remplacer – une mère et sa fille. Elles aussi, elles ont accepté de travailler sans contrat mais je leur ai dit d’en réclamer un à la patronne et je les ai informées de leurs droits et de la protection qu’elle perdrait sans cela ». Mon rêve« Mon rêve, c’est d’avoir un emploi – avec un contrat ! Je veux avoir une vie stable ! » Citez cet article sur votre site | Pages vues: 1731
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