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8 mars - Journée Internationale de la femme Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Secrétariat International   
05-03-2007

«Participons à la construction d'une société plus humaine et plus équitable pour tous »

symbol venus Depuis plus de 75 ans, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Internationale (JOCI) organise et forme les jeunes travailleuses et place les actions avec celles-ci parmi ses priorités. En effet, nous, femmes, continuons à subir de différentes manières l'exclusion, la marginalisation et la discrimination dans une société où règne encore le machisme, des maux que nous subissons en tant que femmes et que travailleuses.

«Je m'appelle Pattrisiya. J'ai 22 ans et j'habite à Rajagiriya, Colombo, au Sri Lanka. Dans notre culture, il est très difficile pour une fille d'accéder au monde du travail car notre mère et notre famille ne nous autorisent pas à le faire. C'est pourquoi je me sens mal, ne pouvant pas exprimer mes qualités et mes talents, car je ne peux pas étudier et je ne peux faire que ce que ma condition de femme me permet de faire, à savoir, la couture, la cuisine et tous les travaux que les hommes n'aiment pas faire. Pourquoi en est-il ainsi ? Quand cette situation va-t-elle changer?

Je m'appelle Nalini Peries. J'ai 21 ans et j'habite à Negombo au Sri Lanka. J'ai deux sœurs. Ma mère travaille à la maison et mon père en est réduit à faire des petits travaux informels. J'ai fait des travaux qui sont généralement considérés comme des «boulots pour les femmes»: la couture ou la broderie, par exemple. Je devais coudre 50 pièces par jour. Je recevais 2 Rs. par pièce, c'est à dire, 0,01 US$. Au total j'arrivais à me faire 100 Rs/jour (0,50 US$), tout cela sans aucune protection sociale.

C'est le genre de situation que l'on retrouve encore dans les Zones Franches au Sri Lanka, en République Dominicaine, au Nicaragua, etc. Des jeunes travailleuses sont confinées dans des usines où elles prestent des heures interminables pour satisfaire les commandes des grandes multinationales, ont un accès limité aux toilettes et sont harcelées par des contremaitres qui font tout pour empêcher leur épanouissement.

La situation des employées de maison est tout aussi pénible. Bon nombre de femmes qui travaillent dans le service domestique subissent au quotidien l'exclusion sociale, le harcèlement sexuel et moral de leur employeur. Souvent, les travailleuses n'osent pas dénoncer ce genre de situation par peur de perdre leur travail, d'autant plus que la plupart d'entre elles ne jouissent d'aucune protection sociale.

Au Chili, certaines jeunes secrétaires doivent réaliser des tâches qui ne correspondent pas à leur fonction: nettoyer le bureau, servir le café, faire de la comptabilité. Elles sont constamment la cible des insinuations de leur chef qui menace de les licencier si elles ne font pas tout ce qu'il désire.

Voilà comment de nombreuses jeunes travailleuses comme nous vivent les injustices de la société capitaliste. Les origines de la célébration du 8 mars restent difficiles à trouver mais deux faits importants ont sans doute motivé le choix de cette date. Ces événements ont eu lieu tous deux à New York. Le premier fut la grande marche des travailleuses de l'industrie textile en 1857. Des milliers de femmes ont marché sur les quartiers chics de la ville pour protester contre les conditions misérables vécues par les travailleuses à l'époque.

Le deuxième événement a eu lieu en 1908. Cette année-là, 40,000 ouvrières de l'industrie textile se sont mises en grève pour revendiquer leur droit d'association syndicale, de meilleurs salaires, une diminution du temps de travail, des formations professionnelles et l'interdiction du travail des enfants. Lors de ces grèves, 129 travailleuses périrent brûlées lors de l'incendie de leur usine, la Cotton Textile Factory, à Washington Square. Les patrons avaient enfermé les travailleuses dans l'usine pour les obliger à travailler et les empêcher de faire la grève. Il semblerait que ces deux fait se soient déroulés aux alentours du 8 mars.

Aujourd'hui, en plein 21ème siècle, les jeunes travailleuses revendiquent l'égalité des chances car en tant qu'êtres humains elles souhaitent contribuer à la construction d'une société plus juste et plus humaine pour tous. Pour y parvenir, les femmes et les jeunes travailleuses doivent:

  • être valorisées et respectées en tant que femmes et que travailleuses.
  • avoir les mêmes chances d'accès à l'emploi que les hommes, avoir droit à un salaire juste, à la formation.
  • cesser d'être soumises aux violences et aux abus dont elles sont les victimes.
  • avoir le droit de décider librement de leur vie et de leur avenir
  • pouvoir participer et peser davantage dans les espaces de prise de décision et de représentation de la société.
  • avoir droit à la sécurité sociale
  • avoir le droit de choisir librement en matière de maternité
  • avoir un contrat de travail juste
  • avoir le droit d'association, le droit aux vacances
  • avoir droit à des primes compensatoires lorsqu'elles travaillent dans les zones franches.
  • pouvoir vivre une situation d'égalité et un traitement équitable en société, au travail, dans la famille, etc.

La JOCI œuvre pour l'application du droit au travail juste pour toutes et tous. Dans toutes les régions du monde, la JOCI agit pour changer cette dure réalité et offrir à la jeunesse travailleuse des perspectives de vie dignes et décentes. La JOCI organise, forme et éduque des jeunes travailleuses, revendique la création d'emplois décents et le paiement d'allocations sociales, elle défend le droit à des compensations pour les travailleuses et leur inclusion dans le monde du travail, un droit fondamental qui devrait être inscrit dans la constitution des pays.

AGISSONS avec les jeunes travailleuses pour plus de solidarité et de justice!

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Leonel Enrique Poma Huanca
Groupe de Travail «Jeunes travailleuses»

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