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Reconstruire le mouvement, un beau défi à relever Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Secrétariat International   
07-01-2008
Carole, Québec
Carole, Québec
Témoignage de Carole Lavoie, Québec. Je suis née en 1978 dans un petit village du nom de St-Prime au Québec. Mon père était agriculteur et ma mère travaillait à la maison pour nous élever, leurs quatre enfants. Je suis la cadette de la famille.

J’ai étudié pendant 2 ans en Sciences Pures au collège jusqu’à ce que je prenne conscience que ce n’était pas le bon choix pour moi. J’ai décidé d’aller travailler.

Ouvrir les yeux sur la réalité

Comme j’avais besoin d’apprendre et de relever des défis, je suis partie avec mon sac à dos dans des villes anglophones du Canada afin d’y apprendre l’anglais. J’ai eu de multiples emplois précaires tant au Québec qu’en Ontario et en Colombie Britannique. Gardienne d’enfants dans des familles riches, guide touristique, caissière, barmaid, serveuse, assistante aux assurés, hôtesse ne sont que quelques exemples. Lorsque j’étais dans ces provinces, j’ai connu des périodes difficiles qui m’ont même confrontée à la réalité d’être sans logis.

Au cours de ces multiples expériences, j’ai appris à mieux me connaître et à forger mes convictions. En côtoyant des personnes « dans la rue » et en travaillant pour des personnes bien nanties, en vivant le mépris de certains employeurs, m’indignant de la misère des autres, j’ai pris la décision de m’investir à enrichir la société au lieu d’enrichir certains individus.

La JOC m’a fait voir la face cachée des choses

Je suis revenue au Québec pour me réorienter. C’est à ce moment que mon frère m’a dit faire partie d’un mouvement qui s’appelait Jeunesse Ouvrière Chrétienne. Au début, j’ai cru que c’était une secte mais j’ai tout de même accepté de participer à une activité. Ça a été une journée très importante pour moi car j’ai découvert des gens profondément engagés qui m’ont parlé de plusieurs enjeux sociaux, de droits, d’actions entreprises pour améliorer la réalité québécoise. Les gens de la JOC m’ont fait voir la face cachée des choses. Ils m’ont fait prendre conscience que la réalité que les gens vivent ne s’explique pas seulement par des choix individuels mais aussi par le contexte politique, social et culturel. En fait, je me suis rendu compte que je connaissais très peu la réalité des gens qui n’étaient pas dans la même situation que moi et que je devais creuser davantage les causes des réalités que vivent les jeunes. Je devais faire ma propre analyse à partir de la réalité au lieu de me fier aux opinions des autres qui, trop souvent, sont basées sur des préjugés.

Je suis allée vivre à Montréal et j’ai cherché des programmes d’études qui correspondaient à mes aspirations. Pendant ce temps, j’ai pris contact avec la JOC de Montréal et la JOC nationale car je savais que je pourrais me faire de nouveaux amis dans cette nouvelle ville grâce à la JOC et aussi, commencer à m’impliquer pour l’amélioration de la société.

Reconstruire le mouvement, un beau défi à relever

Je me suis investie dans la JOC quelques mois jusqu’à ce que la JOC nationale m’apprenne qu’elle cherchait une responsable pour reconstruire la JOC dans une ville voisine. J’ai vu là un beau grand défi et une grande opportunité de me développer en tant que personne. J’ai donc passé le processus de sélection et j’ai été choisie comme responsable de la JOC Rive-Sud de Montréal.

Devenir responsable de la reconstruction du mouvement dans cette ville m’a amenée à me surpasser. J’ai dû vaincre ma timidité afin d’aller vers d’autres jeunes que je ne connaissais pas, apprendre à tout organiser, comprendre la comptabilité, m’améliorer dans mon français écrit, prendre la parole devant plusieurs personnes au nom des jeunes travailleurs avec ou sans emploi… Cette première étape qui a duré 3 ans m’a apporté beaucoup. J’ai pu créer des liens d’amitié solides et solidaires, prendre conscience de l’envergure des enjeux sociaux, développer ma manière d’argumenter, développer mon esprit critique, développer mon leadership et appuyer celui des autres, stimuler l’indignation et l’action des jeunes travailleurs avec ou sans emploi.

A la fin de ces 3 ans, le mouvement était consolidé dans cette ville avec plusieurs militants et responsables. Nous avions mené des actions de sensibilisation, des actions en milieu de travail, organisé des activités de loisirs et de formation sur nos droits, nous avions rencontré la députée pour lui parler de notre réalité et de nos revendications.

Le Conseil mondial, une expérience motivante

En juillet 2004, j’ai commencé à assumer la responsabilité de la JOC nationale du Québec avec Doris Bouchard qui allait être élue à la coordination des Amériques. La première responsabilité que j’ai eue a été de représenter la JOC du Québec au Conseil Mondial de 2004 au Venezuela. Rencontrer tous les délégués de ce mouvement mondial était une expérience très impressionnante et motivante. J’ai eu la chance de connaître la réalité des autres pays et leurs actions et de faire la connaissance de militant-es profondément engagé-es pour améliorer la société.

De retour au Québec, j’ai dû tout apprendre de l’organisation nationale du mouvement. Comme Doris Bouchard devait partir en décembre, le défi était de taille. Je devais en cinq mois m’approprier davantage la réalité des cinq régions du Québec afin de pouvoir contribuer à leurs actions, commencer à planifier mon travail à très long terme, préparer plusieurs rencontres nationales, organiser et coordonner les actions, activités et formations nationales,… Bref, beaucoup à apprendre pour une personne qui allait être seule au secrétariat national pendant trois ans et demi.

Haïti : Un passage dans la vie simple de gens chaleureux

C’est en octobre 2007 que j’ai eu la chance de participer à notre rencontre continentale des JOC des Amériques en Haïti. Cette expérience fut profondément enrichissante grâce aux échanges que nous avons eus avec nos ami-es de Port-au-Prince et des Cayes et grâce aux discussions sur les actions et la réalité des autres pays sud-américains et antillais. J’ai fait un passage dans leur vie, simple et pauvre mais combien apaisante. J’ai eu la chance de fréquenter des gens simples qui s’en font beaucoup moins que nous qui vivons dans plus de richesses matérielles. Des gens habiles et débrouillards qui nous accueillent en roi et en reine. Chaleureux et amicaux, je vais toujours garder en mémoire mes chers ami-es de Haïti ainsi que les militant-es des autres pays avec qui j’ai eu le plaisir d’échanger en espagnol : de beaux moments de travail et de fête! Des militant-es riches d’expérience et d’engagement.

Ce que la JOC m’a apporté pour la vie

  • Une option pour les exclus du système, c’est-à-dire les jeunes travailleurs, les chômeurs, les bénéficiaires de l’aide sociale, les pauvres et tous ceux qui sont victimes du système
  • Un esprit d’enquête, par exemple, je n’écoute plus les nouvelles de la même façon. Maintenant, je me pose des questions sur ce qui n’est pas dit dans les médias et je me demande par qui est contrôlée l’information.
  • La découverte de mes forces et le goût de relever le défi d’améliorer mes faiblesses
  • La capacité de ne jamais me laisser abattre dans des périodes difficiles et de toujours développer des moyens pour atteindre mes objectifs et mes aspirations
  • Ne plus me taire et agir, car j’ai compris et vécu les conséquences du silence devant les injustices et l’importance de dénoncer et de réclamer la vérité. Ne plus vivre le remords du « j’aurais dû » mais se dire plutôt, « j’ai fait ce que j’ai pu »
  • Une deuxième famille, c’est-à-dire la richesse d’être entourée de gens solidaires et d’ami-es qui travaillent dans la même ligne. On a toujours quelqu’un pour nous aider si on a un problème.

Mes rêves pour la jeunesse travailleuse avec ou sans emploi

  • Que chaque jeune travailleur ait accès à des protections sociales qui lui permettent ainsi qu’à sa famille de vivre dignement.
  • Un travail qui permet à tous de s’accomplir et de vivre heureux.
  • Vivre dans un système qui permet une distribution équitable de la richesse.
  • Une société solidaire où les gens travaillent à bâtir un monde plus juste.

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  Commentaires (1)
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1. Gracias
Ecrit par Francisco Morales López, le 25-07-2008 01:18
Por la vida compartida con otros, los que conoces y los que no conoces, en mi Mexico no hay JOC por el momento, pero me alegra saber de los movimientos que se van reconstruyendo. 
Un abrazo a todos los liberados y acompañantes, porque como dijo Cardijn aman a esos jovenes y por ellos estan dispuestos a dar su propia vida... 
Y un abrazo a todos los militantes porque por uno sólo vale la pena dejar la piel y el corazón...

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