| Reconstruire le mouvement, un beau défi à relever |
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| Écrit par Secrétariat International | |||||
| 07-01-2008 | |||||
![]() Carole, Québec J’ai étudié pendant 2 ans en Sciences Pures au collège jusqu’à ce que je prenne conscience que ce n’était pas le bon choix pour moi. J’ai décidé d’aller travailler. Ouvrir les yeux sur la réalitéComme j’avais besoin d’apprendre et de relever des défis, je suis partie avec mon sac à dos dans des villes anglophones du Canada afin d’y apprendre l’anglais. J’ai eu de multiples emplois précaires tant au Québec qu’en Ontario et en Colombie Britannique. Gardienne d’enfants dans des familles riches, guide touristique, caissière, barmaid, serveuse, assistante aux assurés, hôtesse ne sont que quelques exemples. Lorsque j’étais dans ces provinces, j’ai connu des périodes difficiles qui m’ont même confrontée à la réalité d’être sans logis.
Au cours de ces multiples expériences, j’ai appris à mieux me connaître et à forger mes convictions.
En côtoyant des personnes « dans la rue » et en travaillant pour des personnes bien nanties, en vivant le mépris de certains employeurs, m’indignant de la misère des autres, j’ai pris la décision de m’investir à enrichir la société au lieu d’enrichir certains individus.
La JOC m’a fait voir la face cachée des chosesJe suis revenue au Québec pour me réorienter. C’est à ce moment que mon frère m’a dit faire partie d’un mouvement qui s’appelait Jeunesse Ouvrière Chrétienne. Au début, j’ai cru que c’était une secte mais j’ai tout de même accepté de participer à une activité. Ça a été une journée très importante pour moi car j’ai découvert des gens profondément engagés qui m’ont parlé de plusieurs enjeux sociaux, de droits, d’actions entreprises pour améliorer la réalité québécoise. Les gens de la JOC m’ont fait voir la face cachée des choses. Ils m’ont fait prendre conscience que la réalité que les gens vivent ne s’explique pas seulement par des choix individuels mais aussi par le contexte politique, social et culturel. En fait, je me suis rendu compte que je connaissais très peu la réalité des gens qui n’étaient pas dans la même situation que moi et que je devais creuser davantage les causes des réalités que vivent les jeunes. Je devais faire ma propre analyse à partir de la réalité au lieu de me fier aux opinions des autres qui, trop souvent, sont basées sur des préjugés.Je suis allée vivre à Montréal et j’ai cherché des programmes d’études qui correspondaient à mes aspirations. Pendant ce temps, j’ai pris contact avec la JOC de Montréal et la JOC nationale car je savais que je pourrais me faire de nouveaux amis dans cette nouvelle ville grâce à la JOC et aussi, commencer à m’impliquer pour l’amélioration de la société. Reconstruire le mouvement, un beau défi à releverJe me suis investie dans la JOC quelques mois jusqu’à ce que la JOC nationale m’apprenne qu’elle cherchait une responsable pour reconstruire la JOC dans une ville voisine. J’ai vu là un beau grand défi et une grande opportunité de me développer en tant que personne. J’ai donc passé le processus de sélection et j’ai été choisie comme responsable de la JOC Rive-Sud de Montréal.Devenir responsable de la reconstruction du mouvement dans cette ville m’a amenée à me surpasser. J’ai dû vaincre ma timidité afin d’aller vers d’autres jeunes que je ne connaissais pas, apprendre à tout organiser, comprendre la comptabilité, m’améliorer dans mon français écrit, prendre la parole devant plusieurs personnes au nom des jeunes travailleurs avec ou sans emploi… Cette première étape qui a duré 3 ans m’a apporté beaucoup. J’ai pu créer des liens d’amitié solides et solidaires, prendre conscience de l’envergure des enjeux sociaux, développer ma manière d’argumenter, développer mon esprit critique, développer mon leadership et appuyer celui des autres, stimuler l’indignation et l’action des jeunes travailleurs avec ou sans emploi. A la fin de ces 3 ans, le mouvement était consolidé dans cette ville avec plusieurs militants et responsables. Nous avions mené des actions de sensibilisation, des actions en milieu de travail, organisé des activités de loisirs et de formation sur nos droits, nous avions rencontré la députée pour lui parler de notre réalité et de nos revendications. Le Conseil mondial, une expérience motivanteEn juillet 2004, j’ai commencé à assumer la responsabilité de la JOC nationale du Québec avec Doris Bouchard qui allait être élue à la coordination des Amériques. La première responsabilité que j’ai eue a été de représenter la JOC du Québec au Conseil Mondial de 2004 au Venezuela. Rencontrer tous les délégués de ce mouvement mondial était une expérience très impressionnante et motivante. J’ai eu la chance de connaître la réalité des autres pays et leurs actions et de faire la connaissance de militant-es profondément engagé-es pour améliorer la société.De retour au Québec, j’ai dû tout apprendre de l’organisation nationale du mouvement. Comme Doris Bouchard devait partir en décembre, le défi était de taille. Je devais en cinq mois m’approprier davantage la réalité des cinq régions du Québec afin de pouvoir contribuer à leurs actions, commencer à planifier mon travail à très long terme, préparer plusieurs rencontres nationales, organiser et coordonner les actions, activités et formations nationales,… Bref, beaucoup à apprendre pour une personne qui allait être seule au secrétariat national pendant trois ans et demi. Haïti : Un passage dans la vie simple de gens chaleureuxC’est en octobre 2007 que j’ai eu la chance de participer à notre rencontre continentale des JOC des Amériques en Haïti. Cette expérience fut profondément enrichissante grâce aux échanges que nous avons eus avec nos ami-es de Port-au-Prince et des Cayes et grâce aux discussions sur les actions et la réalité des autres pays sud-américains et antillais. J’ai fait un passage dans leur vie, simple et pauvre mais combien apaisante. J’ai eu la chance de fréquenter des gens simples qui s’en font beaucoup moins que nous qui vivons dans plus de richesses matérielles. Des gens habiles et débrouillards qui nous accueillent en roi et en reine. Chaleureux et amicaux, je vais toujours garder en mémoire mes chers ami-es de Haïti ainsi que les militant-es des autres pays avec qui j’ai eu le plaisir d’échanger en espagnol : de beaux moments de travail et de fête! Des militant-es riches d’expérience et d’engagement.Ce que la JOC m’a apporté pour la vie
Mes rêves pour la jeunesse travailleuse avec ou sans emploi
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