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Legima - vendeur de minutes de téléphone Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Secrétariat International   
14-01-2008
Legima (Port-au-Prince/Haïti)
Legima (Port-au-Prince/Haïti)
Je suis Legima Leres, j’ai 26 ans et je vis à Port-au-Prince. Pour gagner ma vie je fais des appels téléphoniques à travers les rues C’est un service offert par des jeunes qui n’ont pas pu trouver un emploi pour gagner leur vie et qui veulent le faire de façon décente.

Je travaille tous les jours de 5 heures du matin à 20 heures, ce qui fait environ 15 heures d’activité. Je n’ai pas d’endroit fixe pour mener cette activité. Je dois marcher pour rencontrer des personnes qui veulent passer des appels. Quand je me trouve dans un endroit comme une place publique (parc), je m’assois pour faire une pause et prendre un peu d’eau pour me rafraîchir un peu.

Pour que cette activité puisse fonctionner, je loue un téléphone pour 350 gourdes par semaine, une carte de recharge pour 150 gourdes + 10% de TCA (Taxe sur le Chiffre d’Affaires). C’est une taxe que perçoit l’État sur tous les produits qu’on achète. Le client paie 5 gourdes par minute. Et pendant une journée, il n’est pas très facile d’utiliser plus qu’une carte de 150 gourdes. Entre nous il y a souvent des rivalités car tout le monde veut passer un maximum d’appels pour la journée et à chaque minute qu’on fait, c’est 5 gourdes qu’on a en plus dans sa poche. Cette activité n’est pas reconnue par la compagnie mais ça a un grand impact positif sur la vente des cartes d’appel parce que nous sommes plusieurs centaines de jeunes qui font cette activité à travers le pays.

Il y a un autre grand problème qu’on rencontre, ce sont les gens qui ne sont pas courtois. Ils discriminent parfois, c’est comme si nous étions responsables de ce que nous vivons. Selon mon rythme d’activité, on ne peut pas consommer beaucoup pour se nourrir car il faut faire très attention pour que tout l’argent ne passe pas dans la nourriture. Je n’ai pas la possibilité de continuer à aller à l’école à cause de cette situation économique difficile que je vis. Mais il y a une autre école pour moi : c’est la JOC. Là, on a la possibilité de partager avec d’autre jeunes qui sont plus avancés et qui m’acceptent comme frère. Là, je sais qu’en tant que jeune, j’ai de la dignité et je ne suis pas insignifiant. Je suis convaincu que j’apporte ma contribution à la société et que je suis un être humain.

Dans ce contexte, j’attends un changement de ma situation comme jeune. C’est pourquoi il est plus que nécessaire de m’impliquer à fond dans cette campane sur le secteur informel dans mon groupe de base afin de forcer l’État haïtien à prendre en compte la situation des jeunes dans ce secteur.

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