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Témoignage de Pierlyne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Secrétariat International   
22-01-2008
pierlyne
Pierlyne, Les Cayes/Haitï
Je m’appelle Rose Pierlyne Guillaume, j’ai 27 ans et je viens d’une famille de 5 enfants de la région des Cayes. Mon père était cultivateur et ma mère détaillante. Je suis la troisième enfant de ma famille. Au début de mon enfance, la vie paraissait merveilleuse parce que mon père était jeune et plein d’énergie pour travailler, il nous procurait tout ce que nous avions besoin pour vivre, il nous avait mis dans la plus grande école de ma région natale. J’ai une seule chose à reprocher mon père : il nous faisait croire qu’on était supérieurs aux autres, il ne nous laissait jamais jouer avec les autres enfants de la région mais il nous donnait une éducation vraiment stricte et respectueuse des principes de la vie.

Les choses n’allaient pas très bien

A l’âge de 10-12 ans, mon père est tombé malade et a été opéré deux fois en un an. Le médecin lui a demandé de ne plus travailler la terre et de se reposer pendant 2 ans. Alors il ne restait que ma mère qui faisait du commerce pour nous donner à manger, payer l’école pour 5 enfants. Les choses n’allaient pas très bien.

Le plus dur, c’est quand les deux plus grands ont terminé le cycle primaire, il fallait que tous deux aillent en ville pour les études secondaires. Les frais se sont multipliés: loyer, nourriture, scolarité, etc. Deux ans plus tard (90-91), je rentrais en ville (les Cayes) pour continuer aussi mes études.

J’ai rencontré un militant de la JOC des Cayes qui m’a beaucoup parlé du mouvement mais j’étais un peu réticente, je ne voulais pas participer à cause de l’heure de la réunion. Un jour, un autre militant de la JOC est venu chez moi pour que je puisse aller assister à une réunion avec lui. C’était dans les années 1991-1992. J’ai vraiment faire la connaissance de la JOC et j’étais très intéressée par les activités.

J’ai compris la valeur des jeunes travailleurs

La première activité à laquelle j’ai participé, c’était un Premier Mai en 1992 aux Cayes. Il y a eu une marche pacifique avec des revendications justes et nobles pour les jeunes travailleurs - je ne me souviens pas vraiment mais c’était sur les jours libres, le congé annuel, les mauvais traitements que subissent les travailleurs sur le lieu du travail. Ensuite, il y a eu une intervention dans un magasin pour réclamer, avec beaucoup de tact et de respect, des jours libres et le congé annuel pour les travailleurs. Le propriétaire du magasin a fini par donner ces jours libres et le congé annuel à tous les travailleurs.

Aussi l’objectif de la JOC et la méthode de la JOC « VOIR, JUGER, AGIR » m’ont beaucoup intéressée. J’ai commencé à comprendre les autres et même à me soucier d’eux. Lors de mon intégration dans la JOC, j’ai pu comprendre la valeur et la dignité humaine, la valeur des jeunes travailleurs et comment et pourquoi je peux revendiquer. Avec la JOC, j’ai appris pas mal de choses qui m’aident dans la vie.

Une chose qui m’attire et me permet de rester toujours dans le mouvement c’est la compréhension des autres et je vois que tous les anciens militants sont fiers d’être des anciens de la JOC. Et puis, pour la rencontre continentale de 2003 au Paraguay, j’ai été choisie comme déléguée. C’était ma première participation au niveau international, je me sentais vraiment satisfaite et j’ai beaucoup appris pour continuer à travailler au niveau national.

Mes responsabilités dans le mouvement

J’ai été successivement secrétaire régionale de la JOC (Cayes), trésorière et déléguée nationale pour la JOC des Cayes. Ensuite, j’ai quitté les Cayes pour venir à Port-au-Prince et continuer mes études universitaires.

A Port–au Prince, le mouvement était vraiment faible. Alors que j’étais à l’université, j’ai travaillé avec un groupe de base et fait des formations pour les autres groupes de la ville. Je suis une militante et là où il y a des difficultés dans le mouvement, je peux et je dois contribuer à renforcer le mouvement. Mes expériences à la JOC des Cayes m’ont donnée la motivation pour renforcer la JOC de Port-au-Prince. J’aime bien le mouvement : la JOC est une école de vie, je veux continuer à apprendre de cette école et mettre mes connaissances à la disposition des autres.

Les filles peuvent assumer des engagements

Ensuite, j’ai été déléguée nationale pour la JOC de Port-au-Prince. Les membres m’ont choisie pour les représenter dans l’équipe nationale et j’ai accepté : en premier lieu pour montrer aux autres que les filles de la JOCH peuvent assumer des engagements et prendre des décisions et des responsabilités. J’étais l’unique fille dans l’équipe nationale parce qu’autrefois on ne trouvait pas de filles à ce niveau, ni dans la coordination mais maintenant il y a une fille trésorière nationale en Haïti et une autre déléguée.

Maintenant je suis permanente nationale de la JOCH. J'ai accepté de succéder à Rameau au secrétariat. C’est l’équipe nationale qui m’a choisie et j’ai accepté pour renforcer le mouvement. Jusqu’à aujourd’hui, je ne regrette pas d’être jociste. J’accepte toutes ces responsabilités parce que je veux travailler pour l’avancement du mouvement en Haïti et dans le monde entier et ensuite pour ne pas décevoir les autres militants qui croient en moi.

J’ai participé à plusieurs actions qui m’ont donné envie de continuer à travailler dans le mouvement.

Le Premier Mai, c’est aussi la fête de la JOC

En 2005, lors de la crise politique en Haïti, il était très difficile de réunir les jocistes dans leur local habituel à Port-au-Prince. Moi, je ne restais pas indifférente devant cette situation et je voulais célébrer le Premier Mai qui est aussi la fête de la JOC. J’ai pris l’initiative de rassembler les jeunes travailleurs dans les secteurs. Beaucoup m’ont dit que ce serait difficile, pour ne pas dire impossible. Même l’aumônier de la JOCH m’avait dit que si je réussissais à rassembler les jeunes pour un débat sur la situation, il me donnerait un prix. Et je suis parvenue à réunir près de 100 jeunes dans les secteurs. Nous avons tenu une conférence sur le droit du travail, un représentant de chaque secteur a parlé de la situation qu’il vivait, des aspects positifs et négatifs et de ce qu’il espérait dans le futur.

J’exécute aussi des travaux manuels avec les jeunes qui sont utiles à leur vie personnelle ainsi que pour le mouvement. Et j’ai travaillé la tâche de l’éducation de la JOC, la déclaration de principes et la RVAO avec les jeunes et parlé de l’importance de l’action dans le mouvement, pourquoi mener l’action et comment faire l’action commune dans le mouvement.

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