
Au Venezuela, les travailleurs et travailleuses vivent une réalité marquée par l'instabilité de l'emploi, des salaires insuffisants et précaires, une exploitation qui engendre une usure physique et mentale, et des journées de travail excessivement longues qui les empêchent de concilier travail et études.
Le très faible nombre d'offres d'emploi fait que de nombreux jeunes se retrouvent au chômage (des études estiment le taux de chômage des jeunes à plus de 25 %) et, par ailleurs, les employeurs profitent du manque d'information des jeunes sur leurs droits en matière de travail.
Le salaire minimum légal est dérisoire, mais face à la nécessité impérieuse de subvenir aux besoins de leur foyer, les travailleurs et travailleuses doivent se soumettre à des conditions indignes, se lancer dans le travail informel ou émigrer vers d'autres pays. Parfois, la crise sociale et des valeurs pousse les jeunes les plus vulnérables à la délinquance.
Ils sont exposés à une flexibilisation du travail et, au cours des dix dernières années, la violation des droits sociaux et du travail s'est progressivement intensifiée.
Ateliers de formation pour connaître les droits du travail et entreprendre des actions

En 2023-2024, la JOC du Venezuela a réalisé une enquête nationale qui a mis en évidence la méconnaissance de leurs droits par les jeunes exerçant un emploi salarié.
Plusieurs militant(e)s de la JOC Guayana sont des travailleurs salariés (personnel de nettoyage, vendeurs ou vendeuses, enseignant(e)s, apprenti(e)s) et ils ont envisagé de créer des espaces de formation aux droits du travail afin de disposer des outils nécessaires pour revendiquer ces droits et mener des actions organisées avec d'autres jeunes.
Ils ont dressé une cartographie de leurs relations pour identifier lesquel(le)s de leurs ami(e)s étaient des travailleurs salariés et les inviter à participer à ce processus.
Ils ont sollicité le soutien d'organisations amies auxquelles participent d'ancien(ne)s jocistes et d'autres adultes partenaires (Centre de formation Guayana et Courant révolutionnaire David Hernández Oduber) afin d'élaborer et d'animer le programme de formation aux droits du travail.
Une première phase a été mise en place avec 16 jeunes, au cours de laquelle 5 thèmes ont été abordés : contrat, temps de travail, salaire, harcèlement, santé et sécurité. Au cours de cette phase, ils et elles ont pu se former à ces thèmes, afin de pouvoir dans un second temps coanimer des ateliers avec d'autres jeunes qui travaillent ou se préparent à entrer dans le monde du travail.
Prise de conscience accrue et dénonciation de la réalité

L'action en est à ses débuts et devrait se poursuivre. Elle vise à permettre aux jeunes de reconnaître les situations dans lesquelles leurs droits sont bafoués sur leur lieu de travail et à les familiariser avec les mécanismes de protection et de plainte prévus par la loi. Elle cherche également à promouvoir la pensée critique et à encourager les alliances avec les plateformes de défense des travailleurs et travailleuses.
Elle a déjà permis de sensibiliser davantage les jeunes participant(e)s, de renforcer leur identité de classe ouvrière et de susciter une volonté accrue de s'organiser.
À court et moyen terme, la JOC Guayana souhaite constituer une équipe de travailleurs et travailleuses du secteur précaire et préparer des activités de formation et de réflexion sur le harcèlement et le licenciement abusif avec les jeunes impliqués.
Afin de sensibiliser et de dénoncer la réalité, elle prévoit de réaliser une fresque murale, ainsi que d'élaborer et de diffuser un manifeste de la jeunesse travailleuse de Guayana.
Contre vents et marées, elle entend maintenir l'action de la JOC malgré la situation politique que traverse actuellement le pays.






















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